FOCUS SUR… LE TEST TRIANGULAIRE DE DIFFÉRENCE

Vous venez de changer la recette d’un de vos produits ?

Vous avez ajouté un arôme et vous voulez être sûr(e) qu’une différence sera bien perçue entre l’ancienne et la nouvelle recette ?

Alors le test triangulaire de différence peut être une solution pour vous. Ce test, qui est un des « basiques » de l’analyse sensorielle, consiste à présenter aux sujets 3 échantillons codés dont l’un est répété. Il leur est simplement demandé d’identifier l’échantillon unique (choix forcé).

Si personne ne perçoit la différence entre les produits, alors les sujets vont répondre au hasard et la proportion de bonnes réponses avoisinera alors 1/3 (les sujets ont 1 chance sur 3 de donner la bonne réponse au hasard). On dit que, sous l’hypothèse où personne ne fait la différence entre les 2 produits, le nombre de bonnes réponses suit une loi Binomiale à n essais (le nombre de sujets) et 1/3 de chance de succès.
Plus vous obtiendrez  un nombre de bonnes réponses important (qui s’écartera d’1/3 en proportion), plus vous aurez de chances que finalement certains de vos sujets perçoivent une différence et que vous deviez donc rejeter votre hypothèse puisque vous ne suivez pas cette loi Binomiale…

Par exemple, si vous avez fait venir 20 sujets et que vous obtenez 10 bonnes réponses, vous aurez un risque α = 9.2% (soit moins d’1 chance sur 10) de vous tromper en disant que certains de vos sujets font la différence entre vos produits (c’est à dire en rejetant votre hypothèse initiale). Est-ce satisfaisant ? Ce n’est pas si mal, mais si vous considérez un seuil de risque de 5% maximum, comme on le fait souvent en analyse sensorielle, vous n’aurez pas réussi à montrer une différence significative (vous ne pouvez pas rejeter votre hypothèse initiale)…

Est-ce pour autant que vous aurez montré que votre ancienne et votre nouvelle recette sont similaires ? Certainement pas !!! Car même si vous n’avez pas rejeté votre hypothèse initiale, vous n’avez pas non plus prouvé qu’elle était juste. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas réussi à montrer une différence que vous avez réussi à montrer une similitude ! Et oui… la vie est dure… !

Pour pouvoir montrer une similitude, on parlera de risque β et de « pourcentage de discriminateurs »… Mais ça c’est une autre histoire… A suivre… ! 🙂

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